Un nid familial

Lorsqu’Émile Ollivier a acheté et agrandi le château et le domaine de La Moutte, son désir immédiat a été de faire de ce lieu un refuge, calme et riant. Pour pouvoir travailler sereinement, loin du fracas de la vie parisienne. Et pour que ses enfants, dans une solitude paradisiaque, puissent passer leurs jeunes années. Avec sa première épouse, Blandine Liszt, ils ont façonné le domaine de la Moutte comme un asile dédié à la littérature, à l’Histoire, à la pensée et à la musique. La maison familiale a traversé les siècles dans cet esprit. Les Ollivier, puis les Troisier, ont toujours habité ce lieu comme un espace de liberté, de jeux et d’échanges artistiques. La présence des essences, d’une nature puissante autour du château les a protégés des profondes transformations du village de pêcheurs voisin.

Les femmes de La Moutte, Marie-Thérèse sa seconde épouse, Geneviève sa fille et Anne sa petite-fille, ont poursuivi l’esprit souhaité par Émile Ollivier. La Moutte reste dans son jus mais n’est pas pour autant devenu un sanctuaire. La famille n’y habite plus depuis la mort d’Anne Troisier de Diaz. Mais la musique résonne chaque été. Et les visiteurs peuvent s’imprégner de l’histoire des générations qui se sont succédé. Le domaine est un lieu qui ne demande qu’à faire vivre cette goutte de paradis. 

 

Valérie Troisier, présidente de l'Académie Emile-Ollivier

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